Rock Sound - Juin 2000 - A Perfect Circle, Cercle de 'Je' - Interview de Yves Bongarçon

Interview MTV - 5 mai 2000

New York Times - 29 Mars 2000 - A Brain Comes Full Circle - Neil Strauss - Un cerveau revient à son point de départ

Rock Sound - Juin 2000 - A Perfect Circle, Cercle de 'Je' - Interview de Yves Bongarçon

Rock Sound : J'ai lu que a Perfect Circle n'était pas un side project, mais un projet conceptuel : quel en est le fondement ?

Maynard Keenan : C'est juste notre point de rencontre. Billy écrit la musique, et j'écris les paroles en réponse à ses sons. C'est de là que part la relation, c'est avant tout un processus d'écoute mutuelle.

RS : Quelle était la nécessité de ce projet pour vous ?

M.K. : Ca n'était pas tellement une nécessité. J'ai entendu ce qu'il faisait et j'ai réagi face à ça. La musique de Billy me touche énormément et j'ai instantanément senti que je pouvais y apporter une contribution de même nature.

RS : Comment es-tu rentré en contact avec Billy ?

M.K. : C'est mon co-locataire. Il était technicien pour Fishbone, Bowie, mais je l'ai rencontré la première fois en 1992 comme ça en tournée. Il est devenu mon co-locataire vers 1995-1996. Il était en studio avec nous, il nous aidait avec le son des guitares. Il a apporté son matos, et c'est là que je l'ai entendu.

RS : Définirais-tu a Perfect Circle comme un groupe de rock, ou s'agit-il plutôt d'une libre association de musiciens?

M.K. : Difficile à dire. Les gens impliqués viennent d'horizons divers. Josh vient des Vandals et puis de Gun's N' Roses, c'est d'ailleurs une surprise de le retrouver avec nous aujourd'hui ; Troy vient de Failure ; Paz, la bassiste, vient du conservatoire, violon, violoncelle, etc. Billy possède pas mal d'influences variées : The Cure, Smiths... Je dirais que c'est avant tout un groupe alternatif, mais aucun musicien n'aime être catégorisé. Il vaut mieux écouter et voir si ça te plaît ; enfin ce n'est pas de la country ni du jazz, ça c'est sûr. (sourire)

RS : Quand j'ai écouté le disque, il m'a rappelé les meilleures heures de Pink Floyd, pour ce qui est de la liberté au sein du groupe... J'espère que ça ne te froisse pas !

M.K. : Je crois que ce sont des musiciens exceptionnels qui n'ont pas pu être égalés jusqu'à présent. Je prends ça comme un compliment au contraire, à moins que les Français ne haïssent tous Pink Floyd. (rires)

RS : Pourquoi avoir baptisé l'album d'un nom français, de plus relativement incompréhensible : "Mer de Noms"?

M.K. : Ca, il faut le demander à Billy ; il est très attiré vers la langue française et assez francophile. Il passe d'ailleurs beaucoup de temps en France. Je pense que ce qui le touche et lui plaît par-dessus tout, c'est la féminité, la fluidité de la langue. Pour un Américain, ça fait une impression forte, mêm s'il ne parle pas français. Il y a quelquechose d'émotionnel, d'intuitif et de féminin là-dedans qui plaît en général beaucoup aux Anglo-saxons.

RS : Avez-vous monté a Perfect Circle et toute l'infrastructure qui va avec pour sortir des disques, faire des concerts ou juste pour vous faire plaisir ?

M.K. : Oui, on voulait juste jouer notre musique, faire des concerts et voir ce qui se passerait. Il n'y avait pas d'autres ambitions que celle-là à la base.

RS : Et maintenant que vous êtes devenus une priorité pour Virgin, comment voyez-vous les choses ? Il y a de la pression ?

M.K. : La pression promotionnelle et commerciale est là, mais on a fait ce disque et on le soutient. Si ça veut dire que je passe six mois dans l'année à le promouvoir pour que beaucoup plus de gens l'écoutent, je peux bien faire ça. Parce que j'aime beaucoup le disque.

RS : Dans le passé, avec Tool, tu étais plutôt réticent face à la promo, pourquoi as-tu changé d'attittude pour a Perfect Circle?

M.K. : C'est difficile à dire car Tool ne fait plus de promo depuis plusieurs années à cause des problèmes avec le label ; mais avant ça j'ai fait beaucoup de presse, en 1993-1994. D'ailleurs, c'est en France qu'on a passé le plus de temps, six semaines en tout je crois, ce qui est un record. Mais je tiens à dire que c'est un mythe, je ne suis pas réticent à la promo lorsqu'il s'agit de faire connaître ma musique.

(Billy Howerdel arrive sur ces entrefaites)

RS : On parlait du nom du disque, "Mer de Noms"...

Billy Howerdel : Il est plus simple que le nom originel. C'est vrai que c'est assez anglicisant. J'utilise le fraçais pour être descriptif sans décrire les choses. J'aime la langue française, la façon dont les mots vont ensemble. Le nom complet est "La cascade de prénoms pour une mer de noms"...

RS : C'est le genre de titre que les Surréalistes auraient pu utiliser pour un projet artistique ; ça m'a surpris quand j'ai vu ça ; on n'est pas loin de Marcel Duchamps...

B.H. : Là, pour le titre, j'en ai juste parlé avec des amis français qui m'ont traduit des idées que j'avais en tête. Mais c'est vrai que c'est très surréaliste, je n'y avais pas songé...

RS : On parlait des débuts du groupe, de ce projet peu commun dans le rock américain qu'est a Perfect Circle. Comment tu vois tout ça ? S'agit-il encore d'un processus purement créatif, ou est-ce que c'est devenu commercial ?

B.H. : L'aspect créatif est terminé pour ce disque. Pour ce qui est de la pression commerciale, je n'en ressens pas, peut-être parce qu'on est trop occupé. Et tout s'est tellement bien passé jusqu'à présent. On est tous fiers de ce disque. L'avenir dira comment nous réagirons à l'aspect commercial des choses.

RS : C'est un disque très innovateur ; comment en êtes-vous arrivés là, créativement ?

B.H. : En prenant notre temps. Personnellement, j'ai accumulé beaucoup de chansons au fil des années, et celles-ci ne sont qu'une douzaine parmi elles. Je n'ai jamais précipité les choses, genre : "Il nous faut plus de morceaux." Beaucoup d'entre elles ont été écrites en tournée avec d'autres groupes, avec un petit studio portatif. La ligne de basse pouvait être écrite à Sidney, la guitare ailleurs, etc. Chaque fois que quelque chose me venait à l'esprit, je l'enregistrais, et c'est comme ça que les chansons se sont accumulées, comme une sorte de patchwork en somme. L'endroit où j'étais a souvent influencé l'écriture de tel ou tel titre, avec plein d'influences, comme tout musicien.

RS : Est-ce que vous vous sentez reliés à la scène américaine ?

B.H. : Non. Je n'écoute jamais la radio. A la fois parce que je n'ai pas le temps et parce que ça ne m'intéresse pas. Il y a de bonnes choses, mais pas beaucoup lorsque tu fais le compte...

RS : Quelles sont vos prochaines intentions avec a Perfect Circle ?

B.H. : Ma deuxième intention en musique est de faire de la musique de film, en étant directement inspiré par les images sur des choses très visuelles comme "The Matrix". J'aimerais le faire plus tard, mais certaines de ces chansons ont aussi été testées comme ça, et en suite compressées pour devenir des chansons de trois minutes. J'ai l'espoir de faire quelquechose de cinématographique ; je n'ai pas encore de projets, mais si cet album marche bien, j'aurais sans doute la possibilité de le faire.

RS : Quel est l'élément le plus important dans une chanson ?

M.K. : Dans le passé, je n'étais pas trop sûr. Mais en vieillissant, je pense que pour moi, l'élément principal d'une chanson, c'est le bien qu'elle procure, à n'importe quel niveau, que ce soit en gueulant un bon coup ou en explorant une part de toi qui stagne dans un coin. Ce sont des stades de rédemption.

B.H. : Pour moi, comme je ne travaille pas tant sur les mots, j'aime la musique qui te fait oublier qu'il y a une guitare, une basse, une batterie, tout n'est qu'une voix, comme les Cocteau Twins ou The Cure. Les harmonies prennent le dessus, c'est le résultat de plein de sons qui s'additionnent. C'est ce que j'aime avant tout dans une chanson.

RS : C'est un peu un retour à la musique psychédélique, dont l'intention était de mêler tous les instruments, au profit d'un son d'ensemble ? C'est en tout cas le sentiment qu'on peut avoir avec a Perfect Circle...

B.H. : Merci, ça me fait plaisir que tu dises cela. C'est un peu ce que je pense en effet.

RS : Quel est l'alchimie entre vous tous ? Avez-vous une même vision de la musique ?

M. K. : Les autres ne partagent pas aussi activement que nous, ce qui est peut être l'inverse de a Perfect Circle, car Troy par exemple est arrivé il y a un an et, tous n'ont pas été impliqués dans l'écriture. Mais ils partagent une vision du groupe qui est aussi la nôtre, à Billy et à moi.

B.H. : De toute façon, ce sont tous des musiciens très créatifs.

RS :Votre musique est écrite ?

B.H. : Non, je ne sais pas écrire la musique.

RS : Tout le monde dans le groupe est libre de contribuer ?

M.K. : En ce qui concerne ce disque, tout était déjà fait sur les versions initiales sur cassette, mais la musique est tellement au-delà maintenant, avec Troy et Josh et Paz. Si ce n'était que Billy et moi, ce serait très différent, même avec les mêmes chansons.

RS : Le groupe est basé à Los Angeles, Maynard on se souvient de tes mots très durs envers la Californie et L.A. par le passé ; tu as changé d'avis ?

M.K. : J'habite toujours en Arizona. (sourires)

B.H. : Joker ! Moi je suis du New Jersey. (rires)

RS : Alors, a Perfect Circle n'est pas un groupe californien ?

B.H. : Moi je suis là désormais.

M.K. : Mais c'est plus pour faciliter le business, reconnaissons-le.

RS : L'art doit-il être provoquant ou au contraire extrêmement humble ?

M.K. : Il doit y avoir un équilibre. Et même l'art le plus humble peut provoquer certaines personnes qui pensent qu'il doit être provoquant. Le batteur de Tool fréquente beaucoup les musées, Billy lit des bouquins sur des artistes ; moi ça me passe au-dessus de la tête. Ca ne m'inspire pas. Ca nécessite des explications pour que je le comprenne. Mais ces artistes ont dû être provoquants pour qu'on les reconnaisse. Tout dépend de ton cadre de référence : qu'est-ce qui est provoquant et qu'est-ce qui ne l'est pas, la question reste entière même après des millénaires de civilisation.

RS : Le visuel du disque est déjà prévu ?

B.H. : Oui, c'est quelque chose de sombre, de sobre et d'élégant.

M.K. : Oui, c'est ça, sombre et élégant.

RS : C'est un aspect important pour vous, le visuel ?

B.H. : Oui, je ne voudrais pas d'une pochette avec des personnages de B.D. vert pomme et orange. J'aime les contrastes, mais là ça ne me conviendrait pas. L'accompagnement visuel d'un projet musical est important dans le sens où il doit correspondre à la musique ou en fournir le contrepoint.

RS : A Perfect Circle est un moyen de fuir la réalité ou d'être plus en contact avec la réalité ?

B.H. : C'est juste un exercice pour moi. Pour exercer ce qui est nécessaire à créer de la musique et de jouer. Je n'ai pas de raison plus profonde. Peut-être que la musique qui me plaît vraiment m'aide à m'échapper de la réalité. Je ne sais pas. En tous cas, ce n'est pas mon intention.

M.K. : Un peu des deux. Je veux certainement être plus en contact avec ma réalité et explorer la dynamique des relations humaines. Mais en même temps dans le processus de faire de la musique, tu te coupes un peu du monde, c'est indéniable.

RS : Est-ce que la réponse du public face à votre disque compte pour vous ?

B.H. : Malheureusement, je crois que ça compte en effet.

M.K. : Ayant passé dix ans dans l'anonymat le plus complet, où j'aurais bien évidemment souhaité que plus de gens entendent ce que je faisais, oui j'aspire donc aujourd'hui à un certain retour de la part du public. J'espère donc que beaucoup de gens entendront ce projet. Mais il y a tellement de choses sur le marché, c'en est gênant, presque indécent. L'état actuel de la musique pop aux USA est insultant.

B.H. : J'ai d'autres nouvelles tragiques : N'Sync a vendu deux millions et demi d'albums en une semaine !

M. K. : C'est tragique. C'est une épidémie, pire que la peste noire. Artistiquement, nous sommes au point mort. Que cette merde soit inspiratrice pour autant de gens, c'est déprimant. Alors oui, je veux que les gens entendent a Perfect Circle. Le plus possible.

RS : Et Tool alors ?

M.K. : Il ne faut rien attendre de Tool avant le milieu de l'année prochaine. De toute façon, nous sommes encore en train d'écrire. Et puis maintenant, nous avons le temps, pas vrai (sourire) !?

Interview MTV - 5 mai 2000 - Traduite par nous

MTV : Donc vous jouez live depuis l'été dernier [99] sans album dans les bacs. Comment le public a-t-il réagi ?

Billy Howerdel : Ouais, on a fait environ 20 concerts à l'automne avant même d'avoir obtenu un contrat ou quoi que ce soit et puis plus ou moins 6 concerts avec Nine Inch Nails. Tous les soirs, ça s'améliore. C'est dur pour nous parce qu'on n'a jamais vraiment de balance son. Eux, ils règlent leurs trucs. En fait, ce soir, on en a eu un petit, donc je, nous n'avons pas d'excuse, je suppose.

Maynard James Keenan : La production est incroyable et c'est nous qui faisons la première partie, alors (...)

MTV : Ca vous va de jouer dans des grandes salles ?

Troy Van Leeuwen : Ouais, c'est marrant.

Howerdel : Et il y a déjà pas mal de monde quand on démarre, c'est sympa.

MTV : Y a-t-il eu un moment, soit au début de la tournée ou plus récemment, où vous avez ressenti que cette association allait vraiment fonctionner ?

Keenan : En fait, c'était un peu astrologique. On a fait ça par Internet. On s'est connecté et on a cherché le groupe le plus compatible. On se l'est emailé et ça s'est passé tout seul. C'était top.

MTV : Comment en êtes-vous venus à former un groupe ?

Howerdel : C'était quelque chose d'incertain. C'est toujours presque aussi incertain après pas mal d'années. J'ai rencontré Keenan en '92 ou en '93. Je travaillais avec Fishbone et Tool faisait la première partie. Ensuite, alors qu'ils enregistraient le dernier disque de Tool, je travaillais avec lui dans le studio sur un truc... et il a dit qu'il aimerait chanter sur ma musique. Et à partir de là, j'ai rencontré Paz un an plus tard, et ensuite j'ai rencontré Josh un an plus tard, et j'ai rencontré Troy un an plus tard. Ca a toujours été très incertain, tout le monde était très occupé, mais quelque part, une fois qu'on a fait le premier concert, ça nous a fait passé à la vitesse supérieure. On a fait le concert de bienfaisance pour Keith Morris [des Circle Jerks] à la Viper Room, et dès lors, je crois que tout le monde a réalisé que le projet allait prendre forme.

MTV : Etant donné que ce processus a déjà pris beaucoup de temps, êtes-vous anxieux pour la sortie de l'album ?

Keenan : Non, ça va bien se passer. Je veux dire, la réaction du public est très positive, alors que nous n'avons même pas un disque de sorti. Alors, je peux imaginer ce que ce sera quand il sortira.

MTV : Et David Fincher ["Fight Club", "The Game", "Seven"] a mis en scène votre première vidéo...

Paz Lenchantin : Il est étonnant. C'est un plaisir de travailler avec lui. Il a carrément du talent.

MTV : Qu'est-ce que les gens peuvent attendre de la vidéo ?

Howerdel : Une surprise.

Keenan : Ouais, une grosse surprise. Si vous la regardez à l'envers, il y a, euh, des messages secrets dedans.

Howerdel : Qui racontent quoi ?

Keenan : Qu'il n'y a rien à trouver.

Lenchantin : Si vous la regardez à partir du milieu et que vous la rembobinez, et qu'après vous faites avance rapide, il y a un message secret.

Keenan : En fait, il a même des trucs dedans qui sont vraiment cools. La façon dont elle est faite... si vous la regardez de cette façon (il secoue la tête) pendant toute la durée - il y a un message secret. (Rires) Là, j'aimerais pouvoir être à la maison d'un gosse. Il ferait comme ça (secouant la tête) "Euh...J'vois rien."

Josh Freese : Peut-être qu'il le fera plus vite et plus fort et qu'il se creusera plus la cervelle la prochaine fois que la vidéo passe. Ils pourraient la passer cinq fois de suite et s'entraîner sans arrêt.

MTV : A quoi ressemble la vie sur la route ?

Keenan : Eh bien, comme vous pouvez le voir, c'est vraiment relax. On traîne dans des divans et des suites avec de l'éclairage fluo, on regarde des caméras vidéos. Des trucs très naturels, qui arrive tous les jours à tout le monde, non ?

Howerdel : On est pas mal occupé. Je veux dire, en plus des spectacles, on essaye de parler de plus possible du groupe. Ce n'est pas seulement "on se pointe pour la zik, on joue et on se casse." Il y a du boulot.

Lenchantin : Travaillez dur et restez à l'école.

New York Times - 29 Mars 2000 - A Brain Comes Full Circle - Neil Strauss
Un cerveau revient à son point de départ - Traduit par nous

    Le loft de Maynard James Keenan à Hollywood est un monument élevé à la confusion de son identité. Des rideaux rouges, des douzaines de bâtons d'encens et des statues de déesses orientales donnent à la pièce principale un aura de quête spirituelle. En même temps, les altères et les poids font de lui un véritable adepte du culte du corps. Puis il y a les murs anti-bruit et l'équipement de studio d'un rocker et d'un artiste et enfin, du désordre et une aversion pour le nettoyage en profondeur qui donnent à la pièce l'air d'être la tanière d'un célibataire bohémien.

    M. Keenan, anciennement engagé dans l'armée et étudiant en art, est plus connu en tant que chanteur reclus et emotionellement fascinant du groupe heavy Tool. Mais cette après-midi là, il est dans la peau de l'autre chanteur, celui du nouveau groupe a Perfect Circle. Comme nouvelle preuve de la confusion de son identité, Tool répète pour leur prochain album dans la pièce du fond alors que Maynard est dans le salon, discutant avec Billy Howerdel et donnant une interview au sujet de a Perfect Circle, dont le premier album doit sortir chez Virgin le 23 Mai.

    Les compositions musicales de a Perfect Circle ont vu le jour grâce à Billy Howerdel, un natif du New Jersey qui rencontra M. Keenan alors qu'il travaillait comme technicien-guitare pour l'hyperkinétique groupe de ska-rock Fishbone. M. Howerdel travailla ensuite pour Tool, les Smashing Pumpkins et Nine Inch Nails et plus récemment comme ingénieur informatique sur le nouvel album des Guns 'n Roses, encore en gestation douloureuse. Pendant ce temps, il faisait des rencontres et préparait son passage du côté créatif du monde musical. Il commença à écrire ce qui devint la musique de a Perfect Circle il y a deux ans. Il composa d'abord des morceaux d'une demie heure qu'il imaginait comme des illustrations sonores pour des films très visuels comme "La Cité des Enfants Perdus." Il raccourcit ensuite ses morceaux et les imagina plus ramassés, plus pop et chantés par une femme. Enfin, M. Keenan entra en scène, écrivit des paroles pour les chansons et poussa M. Howerdel à signer un contrat d'enregistrement plus vite que ce dernier l'eut cru possible.

    Certains fans de Tool ne voient peut être pas la naissance de a Perfect Circle d'un bon oeil, non pas parce que leur musique n'est pas aussi lourde et monochromatique que celle de Tool, mais parce que Tool n'a pas sorti d'album depuis Aenima en 1996. Puisque a Perfect Circle assure la première partie de Nine Inch Nails ce printemps, il semble que le prochain album de Tool est remis à plus tard. Cependant, M. Keenan a déclaré qu'il ne pensait pas que a Perfect Circle interférerait avec son autre groupe plus populaire. Alors qu'il est dit que les autres membres de Tool ont été contrariés par le fait que M. Keenan est sous contrat avec une importante maison de disques sans eux, M. Keenan nie cela. "Ils ont eu plusieurs réactions à la suite," dit-il. "La réaction de base de la majorité des gens serait la colère ou la jalousie. Mais ils sont rationnels et ils en sont venus a accepté que c'était cool." La longue attente du prochain album de Tool est en partie due à une bataille légale très longue entre le groupe et sa maison de disques, l'un faisant un procès à l'autre et vice versa. Tool estimait que son contrat n'était plus valable alors que la maison de disques pensait que Tool lui devait encore sept albums et 25 millions de dollars en dommage et intérêt. L'année dernière cependant, les poursuites furent abandonnées lorsque Tool renégocia sa relation et son contrat avec la maison de disques Volcano (qui reprit le contrat de Tool après leur rupture avec leur précédente maison de disques Zoo Entertainment.)

    Mais M. Keenan a toujours de l'animosité à l'encontre du business musical. "Je m'en fous si un artiste vend un seul disque. Les profits devraient être partagés, c'est la moindre des choses," expliqua-t-il. "Ca dure depuis trop longtemps, ce système qui t'oblige à tout payer toi-même et qui te reverse ensuite seulement un dixième de l'argent gagné sur le dos te ta création artistique."

    Comparant Tool à a Perfect Circle, M. Keenan explique : "La musique était très différente, j'y ai donc répondu différemment. Le processus par lequel nous passons pendant l'enregistrement d'un album de Tool est très organique, et en même temps très planifié. Il y a un processus qui fait travailler la partie gauche du cerveau et qui consiste à disséquer ce que nous faisons et à utiliser des matières premières ; c'est orienté vers la recherche et c'est très ésotérique. Avec a Perfect Circle, le processus est bien plus mécanique et orienté vers les ordinateurs, mais en même temps, c'est bien plus rempli d'émotions et intuitif. Tool est plutôt le résultat de la partie gauche du cerveau, un résultat masculin et a Perfect Circle représente plus la partie droite, un résultat plus féminin." La musique du premier album de a Perfect Circle navigue entre des riffs rock très directs et des atmosphères lourdes et bourdonnantes, entre de la pop pure et simple et du heavy exalté.

    M. Howerdel a déclaré être satisfait du résultat. "Je ne savais même pas qu'un humain pouvait écrire des paroles pour certaines de ces chansons," s'émerveilla-t-il.

Les interviews/articles en anglais ont été traduits par nous.
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